En Haiti, l’Aviation Civile est représentée par deux Organismes Autonomes- l’Office National de l’Aviation Civile et l’Autorité Aéroportuaire Nationale.
Les deux Organismes ont été créés en 1980 et placés sous la responsabilité du Ministère des Travaux Publics, Transports et Communications (M.T.P.T.C.).
L’ Office National de l’Aviation Civile (OFNAC) est responsable des activités suivantes :
(i) règlementation technique (prévention et sécurité de l’aviation);
(ii) opération des systèmes de navigation aérienne;
(iii) assistance technique pour les accords bilatéraux de transport aérien;
(iv) recherche et secours
(v) représentation du Gouvernement dans les Organisations Internationales (l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale).
L’Autorité Aéroportuaire Nationale (A.A.N. ) est responsable des activités suivantes :
(i) planification, construction et développement des aéroports civils;
(ii) opération et gestion des aéroports civils (y compris la négociation des accords de concession pour les services commerciaux ainsi que les services aéronautiques);
(iii) proposition et fixation des taux et redevances pour les services liés à l’aéroport.
La République d’Haiti a deux aéroports internationaux localisés à Port au Prince et à Cap-Haitien. Elle a également d’autres petits aérodromes situés à :
Port-de-Paix
Jacmel
Jérémie
Cayes
Gonaïves
Pignon
Môle St Nicolas
La Tortue
La piste mesure 3040 mètres de longueur et 42.75 mètres de largeur. En comptant les épaulements, la largeur totale est de 60 mètres. Cet aéroport est dans la catégorie 4D. La piste et ses dépendances (taxiway) sont relativement en bonnes conditions. La construction initiale a été réalisée en une structure en béton de ciment Portland de 30cm d’épaisseur. En 1983, un tapis additionnel en béton bitumineux de 30 cm fut ajouté à la piste. Au cours de cette même année, une section couronne de 1.5 pour cent fut intégrée à la piste pour rencontrer les exigences de l’O.A.C.I.
Le béton bitumineux est oxydé mais les fissures apparentes ne sont pas préjudiciables pour le fonctionnement de la dalle.
Il n’y a pas un système parallèle permettant aux avions de rouler lentement en attendant que la piste soit dégagée car souvent ils sont obligés d’attendre longtemps avant d’y avoir accès surtout aux heures de pointe. Ceci cause parfois des embouteillages au niveau de l’aire de stationnement.
L’Aéroport de Port-au-Prince reçoit 94% de la totalité du trafic (les autres aéroports sont pratiquement des aérodromes stratégiques utilisés pour des raisons politiques et humanitaires). Aujourd’hui la majeure partie du trafic est d’origine haïtienne (environ 90%) et, assurément, ce type de passagers, représentera toujours le potentiel du Système Aéroportuaire National. Cependant, du point de vue économique, le trafic aérien a un potentiel de croissance élevé lié aux marchés qui, actuellement, ne sont pas présents en Haiti c’est-à-dire les vols en provenance des pays de l’Amérique Latine, le trafic touristique et le trafic commercial.
Entre 1992 et 1997, le volume du trafic aérien se présentait comme suit :
| ANNEE | PASSAGERS ARRIVEE & DEPART | MARCHANDISES ARRIVEE & DEPART | MOUVEMENTS D’AVIONS | PASSAGERS AVIATION GENERALE | MOUVEMENT DES AVIONS |
| 1992 | 406,240 | 8,283.30 | 4,420 | 17,136 | 1,684 |
| 1993 | 384,389 | 16,285.20 | 5,500 | 13,602 | 1,176 |
| 1994 | 337,429 | 11,005.50 | 3,624 | 7,588 | 1,204 |
| 1995 | 725,887 | 16,114.40 | 7,452 | 19,785 | 2,186 |
| 1996 | 713,522 | 16,836.80 | 6,912 | 21,478 | 3,698 |
| 1997 | 702,460 | 17,197.35 | 9,708 | n.d | n.d |
Le trafic en provenance et à destination des Etats-Unis qui représente environ 80% du total domine les marchés de passagers et de marchandises. AMÉRICAN AIRLINES, pendant longtemps transporteur du trafic haïtien, est un acteur majeur du marché avec environ 75% de la totalité du trafic à Port au Prince.
La capacité
actuelle de l’aérogare de l’aéroport de Port au Prince est de 10,200 mètres
carrés, surface très faible pour accomoder le million et plus de passagers
espérés dans les années à venir vu qu’une tendance à la croissance est observée
depuis l’arrêt de la crise (91 –93). Cette situation a une incidence grave
sur les recettes commerciales qui ne représentent qu’ environ 10% du total
des recettes.
La rentabilité projetée pour l’année 1998 est de 8,4% par rapport à des recettes de G 76,717,600 et des dépenses de G.70,285,500. Il existe de nombreuses possibilités pour augmenter le flux de recettes à l’Aéroport de Port-au-Prince. Certaines d’entre elles sont en train d’être examinées par le M.T.P.T.C. (les taxes de départ des voyageurs), les taxes d’approche et d’autres qui seront mises en place une fois que l’aérogare réservé aux voyageurs sera aggrandi (à savoir les recettes commerciales). L’augmentation des taxes d’approche pourrait, suivant des projections allant à l’horizon 2005 sur la base d’une croissance annuelle de 6% (estimation de la IATA pour la région), rapporter entre 1,750,000 gourdes et 3,500,000 gourdes par an de recettes liées aux nouveaux avions. L’augmentation des recettes commerciales est plus difficile à évaluer puisqu’il n’y a pas de services commerciaux bien développés dans cet Aéroport.
Les conclusions d’un rapport commandé en 1995 par l’Etat Haitien auprès d’une firme spécialisée dans le domaine de l’aviation en général ont montré que l’effectif de 493 personnes pour gérer un aéroport accommodant à l’époque 345,000 passagers/an était excessif.Un autre rapport a conclu dans la même période “qu’en règle générale ,un aéroport traitant un million de passagers par an peut être aisément administré par 120 personnes.Le volume de trafic a quasiment doublé depuis, cependant l’effectif reste toujours pléthorique. Cette situation est l’une des causes de la faible performance de l’Aéroport de Port-au-Prince vu sous l’angle de la productivité opérationnelle car le revenu par employé est le plus faible (US 7,687) comparé à ceux de l’Aéroport de l’Argentine (US 21,743), de l’Aéroport du Canada (US 55,057), de l’Aéroport International du Vénézuela (US 9,040), de l’Aéroport de Caracas (US 10,328), de l’Aéroport de San Juan (US 79,741).
De même, par rapport à ces aéroports précités, les dépenses par passager à l’aéroport de Port-au-Prince est de US$ 9.12 ce qui le met en troisième position après le système argentin (US$ 16.50) et le système du Canada (US$ 10.03).
Règlementation Technique - Depuis 1995, Haiti est placé dans la catégorie III des normes de l’Autorité Fédérale de l’Aviation (F.A.A, Etats-Unis). Par définition, les implications de cette catégorisation ne sont pas importantes pour Haiti (il n’existe pas une industrie locale de transport aérien bien développée) bien que, dans la forme, elles affectent profondément la perception internationale de la fiabilité des opérations aériennes du pays ainsi que son image pour la sécurité. Les efforts pour résoudre ce problème sont encore très timides en raison du manque de financement.
Système de Navigation Aérienne (SNA) – Le SNA d’Haïti est basé à 100% sur la communication radio. Le FIR (Région d’Information de Vol) dispose d’un centre de Contrôle de Trafic Aérien (CTA) à Port au Prince et cinq sous-stations à Port-au-Prince, Port-de–Paix, Jacmel, Jérémie et les Cayes. Haiti ne dispose pas encore de système de radar primaire destiné à la navigation aérienne. A cause du manque d’équipement, le survol d’Haïti est relativement faible.
Règlementation Économique - La fonction de règlementation économique n'a pas été développée de manière adéquate dans le secteur du transport aérien. Raison : absence de participation du secteur privé dans ce secteur et à cause du faible volume de trafic.
Taxes aux Passagers - Les taxes appliquées à l’Aéroport de Port-au-Prince sont les plus élevées sur le Continent avec celles de Lima au Pérou et Bogota en Colombie.
Bien qu’il soit plus petit que l’aéroport de Port au Prince, il est également un aéroport international. Cet aéroport est localisé à 19o 44’ Nord, 72o 12’ Ouest et sur une élévation de 3 mètres par rapport au niveau de la mer. La température de référence est de 33oC. La piste est orientée NORD-EST / SUD-OUEST (05-23) et a 1500 mètres de long sur 45 mètres de large.
Ne pouvant être utilisée que par des avions de faibles calibres, la piste de cet aéroport utilisable que sur 800 mètres est en béton de ciment et en béton bitumineux. Souvent, les pilotes se plaignent des dommages causés à leur hélice par les petits cailloux qui se trouvent sur l’aire de la rampe qui est pratiquement en gravier. Cet aéroport est dans la catégorie 3C. Le terrain est doté d’un VOR (Radiophares Omnidirectionnels VHF) et d’un NDB (Radiophare Non Directionnel) qui sont situés à l’Est de la piste. Le VOR ne fournit que les azimut et le NDB fournit les signaux-radio. L’aéroport ne dispose pas d’aides d’approche visuelle. Sans feux de piste, cet aéroport ne peut pas être utilisé la nuit. La sécurité de cet aéroport pose un problème vu que la piste est parfois traversée par du bétail et des riverains l’utilisent parfois comme chemin.
1. INVESTISSEMENT - Une modernisation réussie de Port-au-Prince de concert avec la gestion privée d’un opérateur aéroportuaire spécialisé pourrait permettre au trafic d’augmenter et attirer les commerces liés à l’aéroport de Port-au-Prince. Les investissements envisagés pour une telle réhabilitation sont très importants.
2. RENTABILITÉ - Une estimation des bénéfices sur la base d’une croissance annuelle de 6 % du volume de trafic et suivant l’estimation des recettes découlant de l’analyse de la Société Financière Internationale (SFI) de juillet 1995 (US$ 3,789.000 pour 572,000 passagers) a montré que la contribution nette i.e avant les coûts réels de capitaux pourrait passer de 3,7 millions de dollars américains en 1998 à 5.8 millions en l’an 2005 si des investissements importants sont réalisés et le mode de gestion de l’aéroport changé.
3. POLITIQUE D’INTEGRATION VERTICALE - Haiti présente un cas particulier d’intégration potentielle verticale entre le transporteur dominant et la nécessité d’investissement dans le développement de l’aéroport de Port-au-Prince. Le facteur principal pour le Gouvernement étant la promotion d’Haiti comme destination touristique, il se propose de passer un contrat de concession à un opérateur indépendant privé pour assurer le développement et l’exploitation de l’Aéroport International de Port au Prince.
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