Port-au-Prince,
le 30 décembre 1997
Messieurs les Membres du Gouvernement,
Monsieur le Président du Sénat, Honorables Sénateurs,
Monsieur le Président de la Chambre des Députés, Honorables Députés,
Monsieur le Président de la Cour de Cassation, Honorables Juges,
Monsieur le Président et les membres de la Cour Supérieure des Comptes
et du Contentieux Administratif,
Monsieur le Président et les Membres du Conseil Electoral Provisoire,
Mesdames, Messieurs les Directeurs Généraux, Directeurs de cabinet,
Mesdames, Messieurs des associations syndicales, patronales,
Mesdames et Messieurs,
Comme le veut la tradition à l'occasion de la fin de l'année, nous
voici réunis pour nous souhaiter de joyeuses fêtes et une bonne année.
Aujourd'hui, encore plus qu'auparavant, ce souhait mutuel prend une
signification particulière en raison des multiples difficultés auxquelles
notre pays fait face depuis plusieurs mois déjà.
Nous traversons actuellement en effet une phase délicate dans la démarche
démocratique que nous poursuivons afin de changer les conditions de
vie de la très grande majorité de nos compatriotes et construire un
Etat de droit. Nous savons que beaucoup de projets conçus pour 1997
n'ont pu se concrétiser comme on s'y attendait, faute pour l'Exécutif
de disposer des fonds nécessaires à temps et aussi, parce qu'entre-temps,
la crise gouvernementale s'est aggravée.
Cependant, malgré tous ces contretemps, nous avons pu mettre en chantier
certains projets essentiels: la poursuite de la réforme agraire, de
la modernisation des entreprises publiques, de l'augmentation des
recettes internes en sont des exemples frappants. Il en est de même
de la réalisation des travaux d'infrastructure routière indispensables
à la relance de notre économie.
Il nous faut aussi souligner la continuité du fonctionnement de la
machine administrative publique par rapport aux divers soubresauts
politiques. Cela indique qu'il y a à l'horizon un changement qualitatif
majeur. En dépit d'une période de troubles relativement brève, ponctuée
de grèves et de revendications salariales, le fonctionnement de l'appareil
d'Etat a suivi son cours normal. En ce sens, les cadres de la fonction
publique ont démontré que leurs activités ne sont pas liées à une
conjoncture politique particulière mais se situent toujours par rapport
aux services à fournir aux citoyens.
C'est sur cet aspect particulier que je voudrais insister au seuil
de la nouvelle année. Il faut que tous - fonctionnaires, serviteurs
de l'État principaux représentants d'organismes de la société civile
- nous ayons continuellement en tête l'idée de la solidarité nationale.
Cela signifie qu'il faut dépasser les intérêts simplement corporatistes,
pour penser à l'intérêt commun, c'est à dire à la Nation. Cela signifie
sans doute le renoncement à certains privilèges ou à un certain confort
immédiat. Mais c'est à cette condition, j'en suis sûr qu'un plus grand
nombre de nos compatriotes pourra bénéficier des services auxquels
ils ont droit de la part de l'Etat. Ainsi, nous pourrons créer un
climat social stable, susceptible d'assurer le développement durable
de notre pays. La mission de l'État est alors d'utiliser ses moyens,
aussi limités soient-ils, pour le bénéfice de tous les citoyens.
Puisse ce sentiment de solidarité, donc de dépassement, nous animer
tous au seuil de cette nouvelle année qui doit marquer notre détermination
à forger une Haïti dans laquelle il fait bon vivre.
Bonne année 1998 !